Pierre BONNARD Musée d’Orsay

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Pierre Bonnard – Exposition au Musée d’Orsay du 17 mars au 19 juillet 2015

Le ton est donné dans le titre : « Peindre l’Arcadie ». Cette région de Grèce est considérée comme un monde de beauté et d’idéal et Pierre Bonnard a su s’approprier l’idée. Il embellie le monde qui l’entoure, il nous enchante par les couleurs et le dynamisme de ses peintures qui illustrent à la fois paysages, portraits ou nus. L’exposition présente également le travail photographique du peintre, en duo avec sa femme Marthe, muse et compagne de toujours.

Connu comme un membre des Nabis, à l’instar de Félix Vallotton ou Edouard Vuillard avec qui il entretient de véritables amitiés et un grand dialogue artistique, Bonnard a également fréquemment rendu visite au grand Monet à Giverny, village voisin de Vernon où il vécu de nombreuses années.

Les Nabis, ce qui signifie « les prophètes »  en hébreu, sont très visionnaires et explorent la décomposition de l’espace filtrant presque avec l’abstraction. Ils sont à la tête d’une avant-garde symboliste mais ils se revendiquent aussi comme les dignes successeurs de l’impressionnisme en mettant à l’honneur la couleur et en s’inspirant beaucoup du japonisme : on retrouve les techniques de l’estampe, le décadrage, la perspective sans profondeur ou l’illustration de la nature. Bonnard est d’ailleurs surnommé par ses compères « Le Nabi très japonard ».

On retrouve dans l’exposition des thèmes universels : l’amour filial, l’érotisme, la communication entre les êtres.

La famille a été le sujet de prédilection de Bonnard dans ses premières œuvres où on retrouve le bon vivre des scènes quotidiennes: la cueillette des pommes ou le repas dominical.

Vivant en Normandie, puis à Cannes et Saint-Tropez où il éprouve selon ses propres mots « un coup de mille et une nuits », il se nourrit des paysages qui l’entourent et expérimente toutes les palettes possibles.

Le peintre s’imposera aussi comme décorateur en réalisant des commandes pour de riches commanditaires, comme son amie et mécène Misia ou ses marchands d’art Josse et Gaston Bernheim.

Bonnard est aussi et avant tout un grand amoureux : il illustre une grande intimité dans le couple et la proximité avec la femme aimée. Cette thématique se décline jusque dans la salle de bain : Marthe se coiffant, Marthe se baignant, Marthe se parfumant. Pourtant on ne ressent aucune lassitude, car rien ne se ressemble. L’artiste se renouvelle autour d’un même sujet, inépuisable à ses yeux, celui de son épouse évoluant dans la vie : de ses jeunes années de beauté à la maladie de ses derniers jours, Bonnard portera jusqu’au bout un regard enchanté sur sa femme. Il eu d’autres modèles et maitresses mais toutes étaient à l’image de son idéal : menue, peau claire et poitrine haute, visage presque invisible.

On se réjouit que l’artiste, en premier lieu destiné à une carrière d’avocat, ait su révélé autant de joie à travers sa peinture, ait voyagé au Maroc et en Espagne en ramenant une clarté nouvelle et de l’exotisme sur ses toiles. Et on se réjouit de pouvoir contempler cette rétrospective au Musée d’Orsay du 17 mars au 19 juillet 2015.

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Photos : Marie-Eve BRISSON.

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